Mercredi 19 novembre 2008
Les psychiatres pourraient être convoqués de nouveau. En ces temps de manifestations maniaco-dépressives de la finance et des financiers, le diagnostic de « folie » pour qualifier la crise financière, la « énième » crise financière qui secoue la planète Terre dirait le petit prince, est de nouveau à la mode. Du coté des instances morales et politiques, souvent les mêmes, l'adjectif prisé est « immoral ». L'opinion publique, elle, oscille entre l'indignation ou le parti-pris de la sagesse accomplie qui tient en deux mots : « C'est ainsi ». Quant aux experts[i], pour nombre d'entre eux, j'hésite pour ma part à distribuer leur docte appréciation entre un problème ophtalmique de l'ordre de la cécité, ou bien une certaine nullité de pensée, ou encore, plus probable, la complicité idéologique, puisque l'un d'entre eux, et pas des moindres, déclarait dès août 2007 : « La crise du crédit immobilier n'est pour l'instant pas gigantesque. Pas de quoi gripper les moteurs de la croissance »[ii] ou plus récemment, « Il n'y a pas d'inquiétudes à avoir sur la solidité des banques françaises...le système français est beaucoup plus diversifié et bien mieux équilibré que le système américain »[iii] D'ailleurs cela importe peu puisque, quels que soient leurs diagnostics et leurs pronostics, pour ceux-là, l'explication, la solution, la garantie tient en deux ou trois mots, des substantifs plutôt que des verbes évidemment, d'une indicible indigence : RÉGULATION et MORALISATION ! Souvent aussi, TRANSPARENCE.

[i] Je pense à J. Attali, E. Cohen, N. Baverez, A. Landier, pour rester en France seulement et en écartant les politiques.

[ii] Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes, Université de Paris-Dauphine dans Libération, le 11 août 2007.

[iii] Mme C. Lagarde, le 21/9/2008, sur Europe 1

Par Galérien
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